Dans la peau d’un tueur

Je pensais ne jamais pouvoir conduire au Liban. Je m’en sors plutôt bien. Trois fractures du tibia et deux côtes cassées. Bon, c’est une blague. Pas très drôle, certes, mais arrêtons nous deux secondes sur le seul fait divers qui vaille dans ce pays : l’accident de voiture. Chez nous, point de Marc Dutroux, mais des trous dans la chaussée. Point de Joseph Fritzl, mais des gens qui friment avec leur grosse cylindrée (ou leur Golf Gti, c’est selon).
 
Alors, que vous vous preniez un poteau déjà tordu par 20 autres accidents de voiture provoqués par des tentatives désespérées de contournement de crevasse, passe encore. Après moultes guerres, le pays fait ce qu’il peut pour restaurer ses routes. Mais que dire des excités de la voie publique?
Je me suis souvent demandée ce qu’ils avaient de si urgent à faire pour rouler si vite. Je veux bien tolérer leurs excès s’il s’agit d’un accouchement en urgence. Imaginez la scène: la femme vient de perdre les eaux et voilà 3 mois que Joseph s’entraîne à faire Reyfoun-Hôpital Saint-Louis en 12 minutes. Seulement voilà, le jour J, Joseph n’avait pas prévu les embouteillages, il n’a pas le choix, il doit doubler en 4ème file. C’est mathématiquement impossible sur une route à trois files bordée par un terre-plein central. Mais Joseph défie la science et les mathématiques, il se crée une file imaginaire. Voilà pourquoi il ne remarque pas la piétonne (souvent des sri-lankaises, les malheureuses) en train de traverser (oui, ici on traverse aussi les autoroutes). Pour lui, la file est imaginaire, la fille aussi. Elle n’existe pas. Et c’est le drame. La femme de Joseph se voit obligée d’accoucher sur la chaussée, dans une mare de sang, celui de la sri-lankaise, parce que le bébé libanais, lui, naît dans les roses, c’est bien connu. Avant même de sortir du ventre de sa mère, l’obstétricien, témoin de l’accident, lui injecte une substance nettoyante et absorbante, pour qu’à sa sortie il sente Bon. 
Mais l’odeur des roses a fini par m’écoeurer. Je n’ai plus envie de tolérer les accidents de voiture pour cause d’accouchement en urgence. En fait, je ne veux en tolérer aucun. Car il n’y a aucune excuse.   

Le Plus souvent, le tueur n’a aucune raison de rouler vite. C’est juste une histoire de frime. Rien de plus. 

Ce que je recommande au tueur avant de prendre le volant

© Mia Sfeir
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2 réponses à Dans la peau d’un tueur

  1. Il dit :

    Il a bien aime l’histoire de joseph qui s’entraine a faire Reyfoun-Hopital St louis en 12 min…et la file imaginaire :)
    Bon la fin est assez gore :s

  2. Hady dit :

    Hady B 12 August at 00:46
    Joseph,
    what an irresponsible delusional!
    trying to make a world record on a tiny road,
    what got in his head?
    why the rush?

    the rush, the speed, the danger (of his life and others’)
    this instance that separates life from death,
    safety from danger,
    the threat!

    walking a tightrope,
    walking on the edge of disaster,
    this irrational drive that drives Joseph and his like to go faster, to embrace danger,
    it’s the same drive that drives mankind to the edge of sanity! to the brink of insanity!

    this split second exists at every corner in Joseph’s mind,
    and nothing else matters,
    nothing could occur to him in the heat of that moment,
    it’s like being at the edge of an orgasm!

    at that moment, Joseph feels most alive,
    for him, no future and no past could exist,
    only the moment,
    this very instant!

    the sweat, the drive, the rush,
    death waiting at every curb, behind every car,
    and at this moment, Joseph could die very happy.

    He would even be happier if he could live to tell about it,
    after all, this adventure became the highlight of his day,
    these 12 minutes, for him, are worth a lot more than you think!

    but poor J,
    if only he thought twice,
    if only he thought of the others,
    whose lives he is not allowed to affect or harm!

    but you see, poor J is addicted to this rush,
    poor J thinks that accidents cannot happen to him,
    he thinks he’s immune and special,
    what a powerful feeling he must have had,
    so powerful it killed all other thoughts before killing him and the innocent others…

    the point is:
    man feels most alive at the brink of death.
    and this tells you why so many people are more than ready to grab a gun and go to war!

    because, at that instant, man can truly live the moment.
    at that instant, man can escape:

    escape from his past (memories),
    escape from his fears of the future,
    escape from his mind and the thoughts that bring him down.

    this is like sky diving,
    this is like every other extreme sport,
    this is like gambling in the casino,
    this is like playing with fire!

    this is the nature of man.
    no matter how disciplined a culture can be,
    the world is full of Josephs who want to feel the rush,
    who are looking for adventure, who want to escape and risk it all to feel alive. Otherwise, if speed doesn’t kill them, boredom will.

    *******

    i am not defending J,
    i am not defending the irresponsible act of speeding and putting others at risk.

    i am only trying to see this from an existential point of view. from J’s mind.

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